Nous sommes des activistes, nous n’avons pas l’intention d’être des passivistes. »

Nikolaï Alekseev, organisateur de Moscow Pride 2006 (en français dans le texte).

 

Quand j’ai vu la sortie de placard d’Ellen en 97, j’en suis restée sur le cul. Je me suis dit que certaines personnes enfoncent les portes, les maintiennent ouvertes, et que certaines autres en profitent pour s’engouffrer par cette ouverture. J’ai toujours pensé que je faisais partie de cette dernière catégorie. Merci beaucoup – merci de militer pour la légalisation du mariage homo, merci pour tout ce que vous faites – je vais passer cette porte ouverte. »

Portia de Rossi, actrice (qui interprète Nelle Porter dans Ally McBeal) et compagne d’Ellen DeGeneres, au magazine The Advocate.

Le combat homosexuel

Entamé dans les années 20 et 30, étouffé et réprimé par la seconde guerre mondiale, le combat des homosexuel-le-s a repris au tournant des contestations de 1968… Réclamant d’abord la fin de la répression et l’abolition de la pénalisation, se battant ensuite pour obtenir l’égalité juridique et sociale.

Militantisme

Depuis des années, les lesbiennes et les gays se battent pour faire valoir leurs droits et changer les mentalités sur l’homosexualité.

L’exclusion dans l’exclusion

Le mouvement militant homosexuel est régulièrement secoué par le débat de la meilleure image à donner. Un courant homosexuel plutôt issu des classes moyennes voudrait privilégier une image asexuée et « présentable », en excluant les travestis, les cuirs et les « folles » de la représentativité de l’homosexualité.

La récupération néo-libérale

Après les décennies d’activisme révolutionnaire, de militantisme associatif et politique, l’émancipation des homosexuel-le-s s’accomplit désormais aussi par la force de leur pouvoir d’achat. Les homosexuels masculins vivant en couple et sans enfant représentent pour les commerciaux et les publicitaires une nouvelle cible commerciale. À leurs yeux, ils représentent un parfait exemple du DINK (double income, no kid = 2 salaires, pas d’enfant). Cet avatar gay de la ménagère de moins de 50 ans plaît par ses supposés haut pouvoir d’achat, attrait pour la nouveauté, goût du gadget et sens de la fête. Il devient banal, voire éminemment branché, de lancer des campagnes de communication adressées à la « niche » homosexuelle.

Une communauté ? Un ghetto ?

Dans certains pays, les adversaires de l’égalité juridique et sociale pour les homosexuel-le-s brandissent comme argument le spectre de la communautarisation des minorités et de la ghettoïsation… alors qu’octroyer l’égalité permet précisément d’éviter le repli sur soi communautaire. Les établissements commerciaux, associations, institutions culturelles, … s’adressant en priorité aux homosexuel-le-s, constituent un espace de sociabilité qui peut les aider dans leur cheminement identitaire.