Nadine de Rotschild. — Il n’est pas homosexuel… Alors il est normal !

StÉphane Bern. — Les homosexuels ne sont pas forcément anormaux… »

Dialogue lors de l’émission 20heures10 pétantes, Canal +, le 7 décembre 2004.

 

Ce qui n’est pas l’effet d’un choix ne peut être tenu ni pour un mérite ni pour un échec. »

Milan Kundera, L’insoutenable légèreté de l’être.

L'homosexualité et les sciences

Épousant les mentalités des lieux et des époques, les sciences sont souvent instrumentalisées à des fins homophobes… bien qu’en 1990, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), qui regroupe la plupart des pays du monde, ait retiré l’homosexualité de la liste des maladies mentales.

Psychanalyse sous influence

Les différentes écoles psychanalytiques traitent généralement de l’homosexualité en fonction des convictions (et de l’orientation sexuelle) du praticien : de la plus profonde empathie au quasi militantisme homophobe.

Un comportement naturel

L’homosexualité a toujours existé, et ce dans toutes les civilisations. Elle se rencontre aussi couramment chez les animaux, et en particulier chez les mammifères. En 2006, le Museum d’Histoire Naturelle d’Oslo (Norvège) a consacré une exposition à l’homosexualité animale. Elle visait à réfuter l’argument selon lequel le comportement homosexuel est un crime contre nature.

Ni une maladie, ni un choix

L’orientation sexuelle est analogue au fait d’être droitier ou gaucher. Les pressions sociales peuvent infléchir le vécu des gays et des lesbiennes ou les forcer à cacher leur orientation sexuelle, mais la réalité demeure inchangée. Le seul vrai choix d’une ou d’un homosexuel-le est la façon de vivre sa différence : s’assumer ou la renier, la révéler ou la cacher, ...

Y’a pas de gène !

Malgré de nombreuses tentatives, aucune recherche scientifique n’a pu déceler un gène ou un trouble hormonal, ni établir de raisons psychiatriques, psychologiques ou sociologiques responsables de l’homosexualité.

Thérapie

Aux États-Unis, depuis les années 70, des institutions (à tendances religieuses et sectaires) prétendent « guérir » l’homosexualité. Ce phénomène, baptisé ex-gay s’exporte actuellement en Europe. Il est bien évident que l’efficacité de cette méthode est illusoire. Les « ex-ex-gay » témoignent tous de l’autodépréciation et de la haine de soi qu’engendre la soi-disant thérapie.

1/10

Depuis la grande enquête (1939 à 1954 auprès de 12 000 américains) d’Alfred Charles Kinsey jusqu’aux études les plus récentes, c’est toujours la même constante qui ressort des tentatives de quantification de l’homosexualité : les homosexuel-le-s représentent environ 10% de la population.

L’échelle de Kinsey

Le Docteur Kinsey a établi une échelle graduée de l’hétérosexualité exclusive à l’homosexualité exclusive. En fonction du vécu, du ressenti et de l’éducation de l’individu, elle évalue le positionnement de son orientation sexuelle.

Hétérosexualité
 
Homosexualité
 
0
1
2
3
4
5
6

0 = Exclusivement hétérosexuel-le
1 = Prédominance hétérosexuelle, occasionnellement homosexuel-le
2 = Prédominance hétérosexuelle, plus qu’occasionnellement homosexuel-le
3 = Hétérosexuel-le et homosexuel-le de manière égale
4 = Prédominance homosexuelle, plus qu’occasionnellement hétérosexuel-le
5 = Prédominance homosexuelle, occasionnellement hétérosexuel-le
6 = Exclusivement homosexuel-le

Sida

Le sida, qui semblait toucher essentiellement les homosexuels lors de son apparition au début des années 80, a suscité l’empathie d’une partie de l’opinion publique, et a alimenté le discours homophobe d’une autre partie qui y voyait une punition divine. L’épidémie a été l’occasion d’un raffermissement et d’un renouvellement du tissu associatif, notamment homosexuel, qui a dû organiser la solidarité avec les malades et militer pour réveiller les gouvernements apathiques lors des premières années de la maladie.